Sécheresse : un jour sans fin ...
Les tendances hebdomadaires ne nous permettent pas d'envisager le retour de la pluie. La crise va s'intensifier en Bretagne.
Un risque important sur l'approvisionnement en eau potable
Un constat implacable
Les conditions météorologiques restent globalement peu perturbées sur la Bretagne, avec une alternance de passages nuageux, d’éclaircies et, ponctuellement, de faibles perturbations. Mais depuis le début du printemps, et plus précisément depuis le mois de mars, les précipitations restent régulièrement déficitaires, mois après mois. Le mois de septembre ne devrait malheureusement pas échapper à cette tendance, malgré quelques passages perturbés ayant apporté suffisamment d’humidité en surface pour permettre à la végétation de reverdir et de donner l’impression d’une amélioration. Il s’agit toutefois d’une amélioration essentiellement superficielle : en profondeur, les sols restent très secs et les réserves en eau continuent de diminuer. Certaines réserves voient même leur niveau baisser de plusieurs centimètres par jour. La situation hydrologique demeure donc particulièrement préoccupante, avec l’ensemble de la Bretagne toujours concerné par la crise de l’eau. Et à ce stade, rien ne laisse véritablement envisager une amélioration durable : si le déficit pluviométrique se poursuit, la situation pourrait continuer à se dégrader.
Pas de précipitations notables ces trois prochaines semaines
Les différents rapports du BRGM et des bassins versants consacrés au suivi de l’évolution de la ressource en eau montrent que la crise pourrait prendre une ampleur particulièrement importante sur notre territoire à partir de la mi-octobre. D’ici là, l’arrivée de précipitations significatives devient donc primordiale pour tenter d’enrayer la dégradation de la situation. Nous disposons désormais de nouveaux outils permettant d’analyser les tendances météorologiques à plusieurs semaines. Ces projections sont relativement fiables sur les quinze premiers jours ; la troisième semaine doit davantage être considérée comme une tendance, avec une incertitude plus importante, tandis qu’au-delà, les signaux deviennent généralement trop fluctuants pour être véritablement exploitables. Pour cette analyse, nous nous concentrerons donc principalement sur les deux prochaines semaines, tout en gardant un œil sur la troisième, qui peut malgré tout apporter un indicateur intéressant sur la tendance générale.
Et malheureusement, sur les quinze prochains jours, le signal pluviométrique est particulièrement défavorable. Aucune véritable séquence perturbée et durable ne se dessine actuellement sur la Bretagne. Quelques faibles perturbations pourront circuler, accompagnées de bruines ou de petites pluies, mais les cumuls attendus restent très insuffisants pour inverser la dynamique des cours d’eau ou permettre une recharge significative des réserves. Cela signifie que la ressource en eau devrait continuer à diminuer jusqu’à la fin du mois de septembre. Cette deuxième quinzaine de septembre s’annonce donc particulièrement sèche, d’autant que les températures devraient, elles aussi, rester nettement supérieures aux normales de saison. Les projections donnent actuellement une probabilité très élevée, de l’ordre de 90 %, d’une deuxième quinzaine plus chaude que la normale. Certains scénarios envisagent même de nouvelles pointes de chaleur au cours de la dernière semaine de septembre, avec localement des températures pouvant approcher ou atteindre les 30 °C. À cette période de l’année, de telles valeurs seraient tout à fait remarquables.
La tendance de la troisième semaine, à cheval entre la fin septembre et le début du mois d’octobre, n’apporte malheureusement pas davantage de réconfort. Les différents scénarios maintiennent un signal plus sec que la normale pour cette première période d’octobre. Il faut donc envisager la poursuite de la sécheresse au moins jusqu’au début du mois prochain, alors même que la ressource est déjà extrêmement fragilisée. Si cette tendance venait à se confirmer, nous entrerions dans une période particulièrement délicate pour l’alimentation en eau de la Bretagne, avec des niveaux de ressources susceptibles de devenir exceptionnellement bas. Le risque de tensions majeures sur l’approvisionnement en eau potable augmenterait alors nettement, notamment dans les secteurs les plus vulnérables. Les trois prochaines semaines apparaissent donc comme une période déterminante : sans véritable épisode pluvieux, le déficit hydrologique continuera de se creuser et la situation pourrait devenir extrêmement préoccupante à l’approche de la mi-octobre.