Le désert atmosphérique en première quinzaine de novembre

Les prévisions météorologiques sont très pessimistes pour ces quinze prochains jours. L'amélioration pluvieuse est contrée par un anticyclone persistant et la bise n'arrangera pas les choses ...

Le désert atmosphérique en première quinzaine de novembre
Le désert atmosphérique en première quinzaine de novembre
29 oct.
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Le désert atmosphérique en première quinzaine de novembre

Les prévisions météorologiques sont très pessimistes pour ces quinze prochains jours. L'amélioration pluvieuse est contrée par un anticyclone persistant et la bise n'arrangera pas les choses ...

Des cumuls normaux en octobre mais une efficacité à nuancer ...

Les précipitations mesurées au cours de ce mois d’octobre renouent avec des cumuls proches des normales saisonnières. Il convient toutefois de relativiser ces chiffres. En réalité, les pluies véritablement efficaces pour les sols ne sont intervenues que depuis le 20 octobre environ, avec la baisse des températures et le passage des tempêtes Austin et Bello. Ces deux épisodes ont apporté des précipitations bénéfiques à la végétation, favorisant sa reprise sur l’ensemble du territoire breton. Dans des régions comme la Normandie, la Picardie et les Hauts-de-France, les cumuls ont même été suffisamment importants pour effacer les signes d’un début de sécheresse.

  •  198 mm à Brennilis (29)
  •  153 mm à Brest (29)
  •  116 mm à Plouay (56)
  •  106 mm à Rostrenen (22)
  •  100 mm à Lorient (56)
  •  89 mm à Redon (35)
  •  74 mm à Nantes (44)
  • 73 mm à Saint-Malo (35)
  •  69 mm à Saint-Brieuc (22)
  •  44 mm à Pornic (44)

En Bretagne, la situation est plus contrastée. Les précipitations les plus efficaces se sont concentrées sur une dizaine de jours seulement. En première partie de mois, les pluies enregistrées, qui contribuent pourtant à gonfler les cumuls mensuels, sont principalement tombées lors d’épisodes orageux. Or, ces précipitations intenses favorisent le ruissellement : une partie importante de l’eau rejoint les cours d’eau sans être suffisamment absorbée par les sols. Leur efficacité reste donc limitée, notamment dans le Finistère et les Côtes-d’Armor, tandis que l’Ille-et-Vilaine a davantage bénéficié de ces épisodes pluvieux. Ainsi, malgré des cumuls mensuels relativement satisfaisants, les températures exceptionnellement élevées de la première quinzaine d’octobre et le caractère orageux des précipitations n’ont pas permis d’atténuer durablement la sécheresse à l’échelle régionale. La situation hydrologique a même continué de se dégrader par rapport au mois de septembre.

De très mauvaises perspectives pour la première quinzaine de novembre

Les précipitations seront anecdotiques, voire inexistantes, au cours des prochains jours. L’anticyclone va se repositionner sur les îles Britanniques et devrait y rester jusqu’au 11 novembre au moins. Cette situation pourrait même se prolonger jusqu’à la mi-novembre. Un temps très stable est donc attendu. À partir de ce week-end, une bise de nord-est devrait se lever. Elle soufflera entre 30 et 40 km/h, avec des pointes de 50 km/h, voire davantage près des côtes de la Manche. Ce vent favorisera de belles éclaircies durables dans le sud du Finistère, le Morbihan, une partie de l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. Les nuages bas devraient y rester rares. Ils pourront toutefois concerner ponctuellement les côtes de la Manche.

Cette évolution est préoccupante. Malgré des températures plutôt fraîches pour la saison, souvent de 1 à 3 °C sous les normales, les sols vont continuer de s’assécher. La baisse des températures pourrait même s’accentuer localement en milieu de semaine prochaine. Mais la combinaison du vent de nord-est et d’un ensoleillement généreux favorisera l’évaporation de l’eau présente en surface. La végétation devrait donc subir un nouvel assèchement superficiel. C’est l’inverse de ce que l’on attend habituellement à cette période de l’année, lorsque les sols entament leur phase de réhumidification.

Pour les réserves en eau, les perspectives sont tout aussi mauvaises. En l’absence de précipitations significatives, la situation hydrologique devrait continuer de se dégrader au cours de la première quinzaine de novembre. Ce scénario contraste fortement avec les prévisions saisonnières, qui envisageaient un mois de novembre plus pluvieux que la normale. Sur Temps Breton, nous relayons rarement ces tendances saisonnières, dont la fiabilité reste limitée à l’échelle régionale. Mais, à ce stade, aucun épisode pluvieux significatif n’est attendu en Bretagne durant cette première quinzaine de novembre. L’hiver hydrologique se poursuit donc sans amélioration des ressources en eau. Alors que cette période devrait normalement favoriser la recharge des sols et des réserves, la sécheresse continue de s’installer. L’inquiétude devient désormais réelle.

La bise, ce vent assèchant

La bise de nord-est est un vent particulièrement asséchant en Bretagne, y compris au mois de novembre. Elle transporte généralement de l’air continental plus froid et plus sec que l’air océanique auquel nous sommes habitués. En soufflant durablement, elle accélère l’évaporation de l’humidité présente en surface des sols et accentue le dessèchement de la végétation. Associée à un temps ensoleillé et à l’absence de précipitations, elle peut ainsi maintenir, voire aggraver, l’assèchement superficiel des sols, alors que novembre devrait normalement marquer le début de leur réhumidification.

Le problème, c’est donc moins la force du vent que sa persistance, combinée à un air sec et à un déficit de précipitations. Même si les températures sont fraîches, les sols peuvent continuer à perdre de l’humidité en surface. En revanche, l'intensité de cet assèchement dépend aussi de l'humidité initiale des sols, de la nature des terrains et de l'ensoleillement.

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