Qu'est-ce que phénomène El Niño et quels impacts en Bretagne ?
Le nom El Niño vient de l’espagnol et signifie « l’enfant Jésus », car des pêcheurs du Pérou observaient un réchauffement des eaux vers Noël. Ce phénomène, qui perturbait la pêche, a ensuite été étendu par les scientifiques pour désigner un événement climatique global dans le Pacifique.
Lors d’une année normale, les alizés soufflent d’est en ouest dans le Pacifique équatorial, poussant les eaux chaudes vers l’Indonésie et l’Australie, ce qui concentre les pluies dans cette région et favorise la remontée d’eaux froides au large du Pérou. Pendant El Niño, ces vents faiblissent : les eaux chaudes se déplacent vers le centre et l’est du Pacifique, les zones de convection (nuages et pluies) se décalent, et une grande quantité de chaleur est libérée dans l’atmosphère. Cela perturbe la circulation atmosphérique globale et influence le climat à grande échelle. Toutefois, il existe de fortes incertitudes : chaque épisode d’El Niño est différent en intensité, en durée et en localisation (centre ou est du Pacifique), ce qui rend ses effets variables. Les interactions avec d’autres phénomènes climatiques (comme l’Atlantique Nord, les oscillations atmosphériques ou le réchauffement climatique) compliquent encore les prévisions, si bien qu’on ne peut jamais prévoir précisément les impacts régionaux plusieurs mois à l’avance.
En Europe et en Bretagne, les effets d’El Niño sont indirects et donc encore plus incertains. On observe souvent une tendance vers des conditions plus douces et parfois plus humides en hiver en Europe de l’Ouest, avec un flux perturbé plus actif sur la Bretagne, mais cela peut varier fortement d’une année à l’autre. Certaines années, l’impact est à peine perceptible. À l’échelle mondiale, El Niño augmente temporairement la température moyenne en transférant la chaleur de l’océan vers l’atmosphère. Combiné au réchauffement climatique d’origine humaine, cela explique pourquoi une année avec El Niño a de fortes chances d’être exceptionnellement chaude. Néanmoins, il reste des incertitudes sur l’ampleur exacte de ce réchauffement, car il dépend de la force de l’épisode, de l’état des océans ailleurs dans le monde et de facteurs naturels comme les aérosols volcaniques ou la variabilité interne du climat.