Qu'est-ce que le heatburst, ce phénomène qui nous fait craindre des températures extrêmes dans la nuit de mercredi à jeudi ?
Nous sommes très inquiets concernant les températures envisagées durant les prochaines nuits surtout celle de mercredi à jeudi où il pourrait parfois faire plus de 30°C. Explications sur ce que nous appelons le heatburst ...
Cette nuit de mercredi à jeudi pourrait devenir, et de très loin, la nuit la plus chaude jamais observée en Bretagne.
Un phénomène rare et redoutable en période caniculaire
Le phénomène qui nous préoccupe particulièrement pour la nuit de mercredi à jeudi est ce que l'on appelle un heatburst, ou « rafale chaude descendante ». Il s'agit d'un phénomène météorologique rare qui se produit parfois sous des orages en phase d'affaiblissement. Concrètement, de l'air très sec présent en altitude est entraîné vers le sol. En descendant, cet air se comprime et se réchauffe fortement, ce qui peut provoquer en pleine nuit une hausse brutale des températures, une chute de l'humidité et parfois des rafales de vent soutenues. Ces situations sont relativement bien connues dans les Grandes Plaines des États-Unis, où elles accompagnent parfois de vastes systèmes orageux et des environnements propices aux orages violents ou tornadiques. En Bretagne, ce type de phénomène est exceptionnel car notre climat océanique limite généralement la présence d'air très sec dans les basses et moyennes couches de l'atmosphère. Mais le contexte actuel est lui aussi exceptionnel. Après une journée qui pourrait localement dépasser les 40°C, l'arrivée des orages en fin de journée mercredi pourrait créer les conditions favorables à un heatburst durant la nuit. Si ce scénario se confirme, certaines zones de Loire-Atlantique et d'Ille-et-Vilaine pourraient conserver ou retrouver temporairement des températures supérieures à 30 °C en pleine nuit. Les Côtes-d'Armor et le Morbihan pourraient également être concernés selon le positionnement exact des cellules orageuses, même si l'incertitude reste plus importante sur ces secteurs.
Des conséquences sanitaires à craindre
Au-delà de l'aspect spectaculaire du phénomène, c'est surtout son impact potentiel qui nous inquiète. Cette nuit de mercredi à jeudi pourrait devenir, et de très loin, la nuit la plus chaude jamais observée en Bretagne. Dans les secteurs les plus exposés, les températures pourraient ne jamais descendre sous les 30°C, voire rester comprises entre 31 et 32°C dans les centres urbains les plus denses. Nous serions alors confrontés à des niveaux totalement démesurés pour la région. Cette situation interviendrait au moment le plus intense de la canicule, après six jours consécutifs de fortes chaleurs et cinq nuits tropicales successives. C'est précisément à ce stade que les risques sanitaires deviennent les plus importants, l'organisme n'ayant plus la possibilité de récupérer durant la nuit. L'autre élément préoccupant concerne l'extrême sécheresse de l'air attendue par endroits. Celle-ci favorisera l'assèchement de la végétation et des sols, augmentant encore le risque de feux de forêt dans les jours suivants. Par ailleurs, cette sécheresse des basses couches pourrait limiter localement l'efficacité des précipitations orageuses, une partie de la pluie s'évaporant avant même d'atteindre le sol. Tous les regards seront donc tournés vers cette nuit de mercredi à jeudi qui pourrait représenter le paroxysme de cet épisode caniculaire historique.