Que signifie le “sur-été”, cette période sans fin qui débute vendredi ?
Chassée, la goutte froide se retire sur l'Atlantique. Elle oriente un panache de chaleur durablement sur la Bretagne. Nous allons battre des records.
Une configuration météo propice à la chaleur
La situation attendue correspond à la mise en place d’un dôme de chaleur, lié à la présence d’un puissant anticyclone qui agit comme un couvercle sur l’atmosphère. Dans cette configuration, l’air est compressé vers le sol, ce qui entraîne un réchauffement progressif et limite fortement le renouvellement des masses d’air. Ce blocage favorise aussi la remontée d’un panache d’air très chaud en provenance d’Afrique du Nord, qui arrive sur la région puis se retrouve piégé sous cette zone de hautes pressions. En étant continuellement comprimé et exposé à un fort ensoleillement, cet air s’échauffe encore davantage jour après jour. C’est précisément la situation qui est attendue dès vendredi en Bretagne, avec une installation potentiellement durable.
Des températures plus élevées que normalement en été
En Bretagne, les normales saisonnières en deuxième quinzaine de mai restent globalement douces, avec des maximales comprises entre 17 et 22°C, on parle alors de températures printanières. En été, les moyennes de températures maximales se situent généralement entre 20 et 28°C, on parle alors de températures estivales. Lorsque le seuil de 30°C est franchi pendant plusieurs jours consécutifs, on parle dans le langage courant de “sur-été”, car les températures dépassent non seulement les normales de saison, mais aussi ce que l’on considère habituellement comme les niveaux estivaux classiques de la région, traduisant une chaleur durable et inhabituelle.
Des records de température en vue ?
Cette séquence pourrait ainsi s’imposer comme l’un des épisodes de chaleur les plus durables et les plus intenses jamais observés pour un mois de mai en Bretagne, avec des températures moyennes parfois supérieures à celles habituellement enregistrées en plein cœur de l’été. Une situation remarquable par sa précocité, son intensité et sa persistance. Dans chaque départements bretons, des records de températures seront approchés ou battus.
A Rennes (35), le record de chaleur en mai date du 25 mai 1953 avec 30,8°C. Nous pourrions franchir pour la première fois de l'histoire la barre des 30°C en mai à Vannes, Saint-Brieuc, Saint-Malo et peut-être même à Brest. Malgré la fraîcheur de ces 20 premiers jours, mai 2026 finira plus chaud que la normale calculée entre 1991 et 2020 en Bretagne.