Canicule, feux de forêt et retour possible de la pluie : à quoi s'attendre ?
La période délicate que nous traversons va se poursuivre faisant augmenter le risque d'incendies. Une baisse du mercure est prévue à partir du milieu de semaine prochaine ...
Pic de l'épisode caniculaire entre vendredi et lundi avec des pointes à 40°C
La canicule va continuer de concerner la Bretagne durant les prochains jours sous l'influence d'un puissant dôme de chaleur qui maintient une masse d'air exceptionnellement chaude sur l'ouest de la France. L'approche progressive d'une goutte froide entre les Açores et le Portugal renforcera encore ce phénomène en favorisant la remontée d'air très chaud vers la région. Le pic de cet épisode est attendu entre vendredi et lundi, avec des températures maximales pouvant atteindre localement 40°C sur le Morbihan, la Loire-Atlantique et une partie de l'Ille-et-Vilaine. Les nuits deviendront également particulièrement éprouvantes, notamment entre vendredi et lundi, avec des températures qui pourraient ne pas descendre sous les 25°C dans les secteurs les plus exposés, limitant fortement le rafraîchissement nocturne.
À partir de lundi, un vent de sud-ouest commencera à ramener un air plus tempéré le long du littoral atlantique, du Pays Bigouden jusqu'aux portes de Nantes, mettant progressivement fin au pic de chaleur sur ces secteurs. Pour autant, la canicule ne disparaîtra pas immédiatement. Mardi et mercredi, les nuits resteront douces et les températures atteindront encore fréquemment 30 à 34 °C dans l'intérieur de la Bretagne. Il faudra vraisemblablement attendre la journée de jeudi pour observer une baisse plus franche et durable des températures, marquant la fin de cet épisode caniculaire exceptionnel par sa durée, même si les valeurs devraient ensuite rester légèrement supérieures aux normales de saison.
Le littoral de la Manche connaîtra lui aussi des conditions très chaudes en fin de semaine, avec des températures qui pourront ponctuellement s'approcher des 30 °C. Toutefois, l'installation d'un vent de nord-est à partir de samedi apportera un air plus frais en provenance de la mer, limitant la hausse du mercure. Les maximales devraient ainsi le plus souvent rester sous les 30 °C sur les côtes de la Manche, offrant un contraste marqué avec l'intérieur des terres. Cette influence maritime permettra d'épargner durablement ce secteur de la canicule, même si la chaleur y restera sensible.
Risque très préoccupant de feux de forêt
La Bretagne aborde l'une des périodes les plus critiques de son histoire récente en matière de risque de feux de végétation. Depuis le début du mois de mars, les précipitations sont rares, très irrégulières et largement insuffisantes pour humidifier durablement les sols. Cette situation intervient après trois épisodes caniculaires successifs, celui de la fin mai, la canicule historique du mois de juin, puis l'épisode actuel, moins intense mais beaucoup plus durable, qui ont considérablement desséché la végétation. Si les réserves d'eau en profondeur résistent encore relativement bien, la sécheresse de surface atteint désormais un niveau remarquable. À l'échelle nationale, les indicateurs d'humidité des sols retrouvent des valeurs comparables à celles observées lors de la sécheresse historique de 1976. En Bretagne, même si les sols profonds restent moins déficitaires qu'à cette époque, la végétation est extrêmement vulnérable.
Les prochains jours s'annoncent particulièrement préoccupants. Les températures atteindront fréquemment 35 à 40 °C, tandis que l'humidité de l'air chutera fortement. L'approche d'une goutte froide favorisera en outre le renforcement d'un vent de nord-est, notamment sur le Finistère et les Côtes-d'Armor. Les conditions dépasseront largement la règle dite des « 30 » (30 °C, 30 km/h de vent et 30 % d'humidité relative), référence utilisée pour caractériser un risque élevé de propagation des incendies. À partir de samedi et jusqu'au début de la semaine prochaine, le risque pourrait ainsi atteindre un niveau extrême sur le Finistère et les Côtes-d'Armor, tout en restant très élevé sur le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. Dans ces conditions, la moindre étincelle est susceptible de provoquer un incendie majeur, capable de se propager très rapidement dans les forêts, les landes ou les espaces naturels. Les quelques averses orageuses envisagées entre vendredi et lundi resteront très localisées et insuffisantes pour améliorer durablement la situation.
Cette période de très fort danger coïncide avec un week-end de forte fréquentation des espaces naturels et les festivités du 14 juillet. De nombreux promeneurs sont attendus dans les massifs forestiers, tandis que plusieurs communes ont déjà décidé d'annuler leurs feux d'artifice en raison du niveau de risque. Un appel au civisme est donc lancé : éviter tout usage de flammes, ne pas jeter de mégots, ne pas stationner un véhicule sur des herbes sèches et signaler immédiatement tout départ de feu. Une baisse progressive n'est attendue qu'avec le recul des températures, mais seule l'arrivée de pluies durables permettra de réduire réellement le danger.
La pluies n'est pas prévue en quantités satisfaisantes à ce stade
La pluie est désormais attendue avec impatience dans toute la Bretagne. Les agriculteurs, les maraîchers, les gestionnaires forestiers, mais aussi les particuliers voient les effets d'une sécheresse qui s'aggrave de semaine en semaine. Les jardins souffrent, la végétation jaunit prématurément et les milieux naturels sont mis à rude épreuve, tandis que la faune sauvage peine à trouver des points d'eau. Pourtant, les perspectives restent décevantes. Quelques épisodes orageux sont bien envisagés dès vendredi soir le long de la façade atlantique, puis de manière plus isolée au cours du week-end, avant un risque un peu plus marqué lundi sur le Finistère et localement en début de semaine prochaine. Mais ces précipitations resteront très hétérogènes, souvent brèves et localisées, avec des cumuls très variables d'un secteur à l'autre.
La baisse des températures attendue à partir de la semaine prochaine sera liée à l'arrivée progressive d'une goutte froide sur la Bretagne, mais celle-ci ne s'accompagnera pas forcément d'une véritable dégradation pluvieuse. Les modèles météorologiques peinent encore à faire émerger une perturbation suffisamment organisée et durable pour apporter des pluies généralisées et bénéfiques. Les conditions pourraient devenir un peu plus favorables à partir de jeudi prochain, mais cette évolution reste très incertaine. À ce stade, même si quelques secteurs reçoivent de la pluie, les quantités envisagées demeurent largement insuffisantes pour enrayer la sécheresse qui touche la région depuis plusieurs mois ou réduire significativement le risque de feux de végétation.